J'écoute : Anaïs, Olivia Ruiz, Ginie Line, et d'autres...
Je regarde : pas la télévision
Je lis : Philippe Besson, Abdellah Taia.. j'adore lire
Je joue : avec ma chienne
Je mange : des glaces !
Je bois : rosé de l'été
Je cite : Khalil Gibran
Je pense : à mon Homme
Je rêve : des p'tits bonheurs à venir...
(mis à jour mardi 18 mars 2008 à 20:36)

26/01/2008

26/01/08 - 21:02

P'tit texte....


Le Saltimbanque du Cirque Universel jonglait avec trois torches enflammées : la Tolérance, la Paix et la Fraternité.

Les trois bâtons tournoyaient, s’entremêlaient, se côtoyaient sur la piste du Monde.

Le feu illuminait la toile et partout des lueurs scintillaient : le cirque du Monde était devenu le brasier attendu depuis des siècles. La Tolérance, la Paix et la Fraternité montaient, virevoltaient et étaient rattrapées par notre saltimbanque.

Pour consolider l’alchimie de ce numéro de force, et transmettre le don entre chaque main, le saltimbanque lança une torche à un enfant. Il l’attrapa et ils jonglèrent ensemble, avec fluide, spontanément, heureux.

Puis le saltimbanque lança deux torches à deux adultes à droite et à gauche et le tour de jonglage se compliqua : les deux adultes ne voulaient jouer avec le feu. Mais les torches ne tombèrent.

Alors, clou de la soirée, le saltimbanque lança une dernière fois une torche vers l’extrême droite du chapiteau du Monde. Et là, volontairement, personne n’essaya de l’attraper.

La torche enflammée tomba , perturbant le saltimbanque qui échappa les deux autres torches.

La Tolérance, la Paix et la Fraternité n’étaient plus. Le feu s’éteignit à terre.

La foule conspua.

Le numéro de grand Art de notre saltimbanque échouait sur la piste du Monde. La communion espérée étant réduite à néant.

Notre Artiste rangea alors ses bâtons de feu.

Il ne présentera plus ce numéro et le Cirque Universel n’existera plus, inexorablement.


Jean-Michel TINET - Auteur

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